Louange
à Allah
Les
juristes musulmans affirment en substance que la voix de la femme n’est pas
awra (honteuse) en elle-même et qu’il n’est pas interdit de l’écouter
ou de la faire écouter en cas de besoin. Mais tout cela doit obéir aux conditions
suivantes :
-
la voix ne doit pas être embellie ni adoucie ni manipulée ni trop élevée. Il
est même interdit aux hommes de l’écouter si elle leur procure un plaisir qui
fait craindre la tentation.
La
parole décisive à propos de ce qu’il est interdit à la femme en matière de manière
de parler et de maniement de la voix est contenue dans ce verset : « Ô
femmes du Prophète! Vous n'êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes
pieuses, ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui
dont le cœur est malade (l'hypocrite) ne vous convoite pas. Et tenez un langage
décent.» (Coran, 33 : 33).
Ce
qui est à craindre c’est l’usage d’un langage laxiste, car la femme doit bien
parler. Pour les exégètes, cela signifie qu’elle ne doit pas manier les propos
qu’elle adresse aux hommes et doit éviter de les adoucir. En somme, ce qui est
demandé à la femme musulmane qui s’adresse à un homme étranger c’est de se conformer
au contenu de ce verset, de s’abstenir de ce qui est répréhensible et d’observer
son obligation. En plus, ses propos doivent porter sur un besoin ou sur des
choses religieusement légales, bien connues et incontestables. Il ne convient
pas qu’il se passe entre la femme et un homme étranger des propos ou des gestes
allusifs ou du bavardage ou des plaisanteries car cela peut conduire à un dérapage
pouvant exciter des instincts et susciter des soupçons.
Il
n’est cependant pas interdit à la femme de parler avec un étranger en cas de
besoin et d’autres transactions financières qui requièrent l’échange de propos
entre les contractants. En outre, une femme peut interroger un uléma sur une
question religieuse, comme un homme peut le faire d’après ce qui s’atteste de
façon sûre dans les textes du Coran et de la Sunna.
L’application
des critères ci-dessus indiqués lui permet de tenir une conversation avec un
homme étranger sans aucun inconvénient. De même, il est permis aux hommes de
saluer les femmes et inversement. Mais cela doit se faire d’une manière débarrassée
de tout aspect pouvant faire espérer les « malades du cœur »
(hypocrites) et pourvu d’être à l’abri de la tentation et de se conformer aux
précédents critères.
Si
l’on craint que le salut de la femme devienne une source de tentation, l’on
peut interdire à la femme de prendre l’initiative de saluer ou de rendre le
salut car l’annulation de la tentation par l’abandon du salut revient à écarter
le mal. Or il est plus important d’écarter le mal que d’attirer un avantage.
Voir al-Mufassal fi ahkam al-mar’a par Abd al-Karim Zaydan, vol. 3. P.
276. Allah le sait mieux.