Louanges à
Allah
Premièrement,
il y a une divergence de vues au sein des ulémas à propos des domaines
d'utilisation de la petite zakat. La majorité d'entre eux soutient qu'on peut
l'utiliser dans l'un quelconque des huit
destinations de la grande zakat. D'autres soutiennent qu'il faut couvrir
les huit destinations. D'autres encore pensent qu'il faut la réserver aux
pauvres et aux nécessiteux.
On lit
dans al-mawssou'a al-fiqhiyya (23/344): « Il y a une divergence de vues
au sein des jurisconsultes à propos des domaines d'utilisation de la petite
zakat , qui a donné naissance à trois
opinions: la majorité des jurisconsultes soutient qu'on peut répartir la petite
zakat aux huit catégories bénéficiaires de la grande zakat. Les malékites- et
Ahmad selon une version choisie par Ibn Taymiyya- pensent qu'il faut la
réserver aux pauvres et aux nécessiteux. Les chafiites pensent qu'on doit la
répartir sur les huit catégories destinataires de la grande zakat ou celles
d'entre elles qui sont présentes.»
Cheikh
al-Islam , Ibn Taymiyya a réfuté la première et la deuxième opinions dans Madjmou'
al-fatawa (25/73-78). Il explique (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) que cette zakat frappe les personnes non les biens. Voici ses
propres mots: « Voilà pourquoi Allah Très Haut a prescrit qu'elle soit prélevée
sur les nourritures, comme c'est le cas pour les actes expiatoires. Il en
découle qu'on ne peut la remettre qu'à
ceux qui méritent de recevoir ce qui est donné à titre expiatoire. C'est-à-dire
ceux qui utilisent les aumônes pour leur survie. Aussi, cette zakat ne peut
elle pas profiter aux personnes qu'on
cherche à rendre favorables à l'Islam ni
utilisée pour la libération des esclaves ni au profit d'autres. Cet avis
est mieux argumenté. L'avis le plus faible est celui selon lequel tout musulman
doit remettre sa petite zakat à 12 personnes voire à 18, à 24,à 32 ou à 28 etc.
C'est contraire à la pratique en vigueur chez les musulmans depuis l'époque du
Messager d'Allah (Bénédiction et salut soient sur lui), ses successeurs et
compagnons. Aucun musulman ne l'a fait. On a toujours donné sa zakat et celle
sortie au nom de sa famille à un seul musulman. Si les musulmans voyaient quelqu'un
répartir la quantité de nourriture affectée à la petite zakat à plus de dix
personnes en donnant à chacune une poignée de nourriture, ils contesteraient
son acte vigoureusement et le considéreraient comme une innovation condamnable
et abominable. Le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) a estimé la quantité de la petite zakat à 2.172gr de
dattes ou d'orge, ou cette même quantité ou sa moitié en blé, en fonction de ce
qui peut suffire à un pauvre et lui permettre de manger correctement au cours
du jour de la fête. Si le pauvre ne recevait qu'une poignée de nourriture, cela
ne lui serait pas utile et ne répondrait pas à son besoin. Il en est de même de
l'endetté et du voyageur en difficultés car si l'un et l'autre ne recevait
qu'une poignée, cela ne lui serait pas utile. Or la charia transcende l'approbation de ces actes condamnables et
inacceptables pour les gens doués d'entendement, actes qu'aucun des ancêtres
pieux de la Umma et ses imam n'a commis.
Ensuite,
les propos du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui): «pour nourrir les
pauvres» précisent que c'est un droit des pauvres. C'est comme la
parole du Très Haut dans le verset traitant de l'expiation du serment dit zhiahr
: «nourrir soixante pauvres». S'il n'est pas permis de répartir cette nourriture aux
huit catégories bénéficiaires de la grande zakat, il en est de même ici.» Cela étant, l'avis le
mieux argumenté parmi les trois est le deuxième selon lequel il faut donner la
petite zakat exclusivement aux pauvres et aux nécessiteux. C'est ce que préfère
Cheikh al-Uthaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) , comme il l'a
indiqué dans ach-charh al-moumt'i (6/117).
Deuxièmement,
si les grande et petites zakat peuvent profiter aux proches parents du donner,
cela vaut mieux que de les donner à d'autres ayants droits puisqu'elles jouent
alors le double rôle de zakat et de moyen de renforcement du lien de parenté,
pourvu que les parents bénéficiaires ne soient pas de ceux que le donner doit
prendre en charge.
Cheikh
Muhammad ibn Salih al-Uthaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a
été interrogé sur le statut de la
remise de la petite zakat à des proches
parents pauvres. Il a répondu ainsi:« Il est permis de remettre la petite et la
grande zakat aux proches parents pauvres. Bien plus, ils le méritent mieux que
les étrangers puisqu'en la leur donnant on fait à la fois une aumône et un don
permettant le renforcement du lien de parenté, à condition toutefois que cela
ne constitue pas un moyen de protéger ses biens. Ce qui est le cas, quand les
bénéficiaires font partie de ceux que le donneur doit prendre en charge. Dans
ce cas, il n'est pas permis au donneur
de satisfaire les besoins des bénéficiaires grâce à sa zakat, car, en le
faisant , il économise ses dépenses, ce qui n'est absolument pas permis. Aussi, le parent
auquel il est permis de donner la zakat est il celui qu'on n' a pas à prendre
en charge. Celui-ci là mérite mieux que un étranger de recevoir la zakat de ses
parents, compte tenu de la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui): «Ton aumône qui profite à ton proche parent remplit la double fonction
d'aumône et de don pour consolider le lien de parenté.»
Madjmou'
fatawa Cheikh Ibn Outhaymine (18/
question n°301)
En somme,
si votre tante est pauvre, elle mérité de recevoir la zakat, même si elle
possédait un terrain de 500m2 .
Cependant, il vaut mieux qu' elle de vende le terrain pour utiliser l'argent au
lieu de dépendre de la générosité des
autres.
Il ne
convient pas que les musulmans négligent leurs parents et attendent la proximité
du Ramadan pour aller leur remettre 2.172 g de nourritures. L'obligation de tous
les musulmans est de s'enquérir des conditions de vie de leurs parents
nécessiteux et de s'empresser à leur offrir ce dont ils ont besoin en matière de
nourriture, d'argent et de vêtements. Ceci incombe plus particulièrement aux
riches.
Allah le
sait mieux.