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Peut elle épouser un homme malgré l’opposition de son père ?
Je suis une fille arabe musulmane de 28 ans. Et je travaille dans un département du Gouvernement depuis 6 mois. J’ai fais la connaissance en Europe d’un jeune homme d’une grande moralité. Et il veut m’épouser à condition que je le rejoigne à son lieu de résidence. Mais mon père dit que j’aurais un bel avenir dans mon travail…alors que moi je pense que la femme doit travailler au foyer pour s’occuper de ses enfants. Que dirait la loi religieuse si je rejetais l’avis de mon père ? Je suis certaine que le jeune est un musulman d’une grande moralité. En plus, il est un ressortissant du pays où je vis.

Louanges à Allah

Premièrement, il est vrai que l’un des plus grand bienfait dont Allah puisse gratifier une fille en ce temps rempli de tentations est de trouver un mari bon, pieux et respectueux des droits de son Maître et de ceux de sa femme.

Quand une femme raisonnable et droite trouve un homme dont elle est satisfaite de la piété et de la moralité, elle ne doit pas refuser de l’épouser sous prétexte de poursuivre des études ou d’exercer un emploi. Car si elle refuse de se marier à cet âge et devient plus âgée, elle pourrait être amenée au moment du mariage à renoncer à bien des choses auxquelles elle tenait fortement quand elle était toute jeune et plus désirable.

Deuxièmement, s’agissant de l’opposition au père à propos du choix du mari, elle doit être examinée de façon détaillée : si le père s’oppose au mariage pour une raison religieusement juste, on doit lui obéir et éviter de le contrarier. Car agir ainsi reviendrait à le maltraiter. Or ce comportement fait partie des pêchés majeur. Si la raison de l’opposition est d’ordre profane ou social sans rapport avec la religion et les objectifs de sa législation, on ne commettrait aucun pêché en s’opposant à lui. Encore faut-il chercher, autant que faire se peu, à le convaincre.

Nous n’en mettons pas moins un accent particulier sur la nécessité de répondre favorablement au désir d’un père raisonnable car il connaît mieux que quiconque l’intérêt de sa fille.

Quant à vous, si Allah vous facilite le mariage, vous verrez un jour un homme venir demander la main de votre fille. Et si votre mari et vous-même jugiez que le prétendant ne convenait pas à votre fille,seriez vous contente de voir votre fille s’opposer à son père et à vous-même ?

Parfois le père peut ne pas approuver que sa fille, une fois mariée, aille à l’étranger puisqu’il la veut près de lui et craint qu’elle soit lésée dans ses droits quand elle se trouve loin des siens et seule à l’étranger avec son mari. Ce jugement (paternel) peut être réaliste parce que fondée sur une expérience vécue et indéniable.

Cheikh Salih al-Fawzan (Puisse Allah le Préserver) a dit : « Elle peut imaginer que le prétendant convient alors que tel n’est pas le cas. Aussi ne doit elle pas s’opposer à son père aussi longtemps que celui-ci vise son intérêt ». Voir al- Mountaga mir fatawa Cheikh al-Fawzan,  5/242.

Nous avons dit dans la réponse donnée à la question n° 6398 : « La famille est mieux placée habituellement et souvent pour choisir le meilleur prétendant pour leur fille. Car la fille manque souvent de connaissances et d’expérience dans la vie et peut ne pas connaître ce qui est bon. Elle peut même être trompée par un certain discours et laisser ses sentiments l’emporter sur sa raison. Voilà pourquoi il vaut mieux que la fille ne rejette pas l’avis de sa famille, si celle-ci est pieuse et raisonnable ».

Référez-vous à la réponse donnée à la question n° 20162 pour découvrir les histoires de certaines femmes qui, malgré l’opposition de leurs familles, ont épousé les gens qu’elles se sont choisies.

Troisièmement, la femme a nécessairement besoin d’un tuteur légal pour établir le mariage. C’est un des aspects fondamentaux du contrat. La femme ne peut pas établir son propre mariage sans un tel tuteur. Si elle le fait, le contrat est nul et ne possède pas les statuts d’un mariage légal. C’est ce qui ressort des propos du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « Chaque fois qu’une femme se marie sans l’autorisation de son tuteur légal, son mariage est nul, nul, nul ». (Rapporté par at-Tirmidhi, 1102 et jugé authentique par al-Albani dans Sahih at-Tirmidhi. Se référer à la réponse donnée à la question n° 7989.

Quatrièmement, il n’est pas permis de s’établir en pays mécréants et polythéistes sauf en présence d’une excuse légale comme la recherche d’un traitement médical, le commerce, la prédication entre autres occupations nécessaires. S’agissant d’une installation durable, elle n’est pas permise compte tenu des propos du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : Je désavoue tout musulman qui s’établit chez les polythéistes » (rapporté par Abou Dawoud, 2645 et déclaré authentique par al-Albani dans Sahihi Abi Dawoud.

Cinquièmement, nous attirons l’attention (des lecteurs) sur deux choses mentionnées dans votre question à savoir : votre travail et votre connaissance du jeune que vous voulez épouser.

Quant au travail de la femme, il n’y a aucun doute, comme vous le dites, qu’en principe, il doit de préférence s’exercer au foyer pour lui permettre de sauvegarder les droits de son mari et de ses enfants. Si toutefois la femme est amenée à travailler hors de chez elle, il faudrait qu’elle veille à ce que son activité soit débarrassée de tout aspect illicite et s’exerce dans un environnement religieusement acceptable. Aussi ne lui est il pas de travailler dans une banque usurière ou une société d’assurance. Si le travail en lui-même est licite mais il s’exerce dans un milieu marqué par une forte mixité qui ouvre la porte à des échanges (extra professionnels) entre les deux sexes et permet à la femme de faire la connaissance de gens de l’autre sexe, il ne lui est pas permis de travailler dans un tel mieux.

Quant à votre connaissance de ce jeune, si vous êtes parvenue par une voie interdite comme la correspondance ou la conversation (à distance) ou grâce à ce qu’on appelle programmes permettant de faire des connaissances de l’autre sexe, si tel est le cas, vous devriez vous repentir et solliciter le pardon. Car il n’est permis à une femme de correspondre ou d’entrer en conversation avec un homme qui lui est étranger. En plus, c’est une raison de l’empêcher de vous épouser.

Nous avons déjà expliqué mainte fois le jugement d’un tel acte. Référez-vous aux réponses données aux questions n° 78375

Pour nous résumer, nous pensons que vous ne devriez pas vous précipiter à épouser un prétendant non agréé par votre tuteur (religieux). Si vous estimez que le refus de votre père n’est pas fondé sur un motif religieux acceptable, efforcez vous à le convaincre avec l’aide de votre mère ou un d’un autre membre de la famille ou de vos proches écoutés par votre père. Votre âge s’approchant de la trentaine, vous avez droit à ce que votre tuteur se donne pour première préoccupation de vous choisir le mari qui vous convient et non l’emploi qui vous convient.

Je demande à Allah l’Auguste et Puissant de choisir pour vous ce qui est mieux ici-bas et dans l’au-delà.

Allah le sait mieux.


Islam Q&A



 
 
 
 
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