Réponse
:
Louange à Allah
L’adhan signifie linguistiquement communication.
Dans la Charia, il signifie l’annonce de l’entrée de l’heure de la prière.
Il fut institué à l’époque du séjour du Messager d’Allah à Médine comme l’indique
le hadith d’Abd Allah Ibn Zayd Ibn Abd Rabbih . Une autre version d’Abd Allah
Ibn Zayd dit : « Quand le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient
sur lui)ordonna l’usage d’une cloche pour réunir les gens en vue l’accomplissement
de la prière, un homme m’apparut en rêve porteur d’une cloche et je lui dit
ô esclave d’Allah, vends-tu la cloche ?
-
Qu’en
fais-tu ? Me dit-il
-
Nous
l’utilisons pour appeler les gens à la prière.
-
Ne
veux-tu pas que je t’indique un moyen meilleur ?
-
Si.
-
Tu
dis : Allahou akbar, Allahou Akbar, Allahou Akbar Allahou Akbar
Ashehadou an laa ilaha illa Allah
Ashehadou an laa ilaha illa Allah
Ashehadou anna Muhammadan Rassoulou Allah
Ashehadou anna Muhammadan Rassoulou Allah
Hayya ala as-Salat
Hayya ala as-salat
Hayya ala as-salat
Allahou akbar,
Allahou akbar
Laa ilaha illa Allah
Ensuite, il recula un peu avant d’ajouter : pour
annoncer l’imminence de l’entrée en prière tu dis
:
“Allahou akbar
Allahou akbar
Ashehadou an laa ilaha illa Allah
Ashehadou anna Muhammadan Rassoulou Allah
Hayya
ala as-salat, hayya al al-falah
Qad qamat as-salat, qad qamat as-Salat
Allahou akbar, Allahou akbar
Laa ilaha illa Allah
A mon réveil, j’alla en informer le Messager
d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui ) . Il dit : « Ce
rêve exprime la vérité, s’il plaît à Allah. Va avec Bilal et apprends lui
ce que tu as vu et qu’il l’utilise dans l’adhan car sa voix est plus
belle que la tienne. » Je partis avec Bilal et je lui appris et il se
mit à l’utiliser. Quand Omar Ibn al-Khattab qui se trouvait chez lui entendait
l’appel, il sortit traînant son vêtement en disant : au non de Celui qui vous
a envoyé ce message porteur de vérité, ô Messager d’Allah, j’avais vu ce qu’il
a vu. » le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui
) : « Allah soit loué. » (rapporté par Abou Dawoud, 499). »
(rapporté par Ahmad , 15881 et at-Tarmidhi, 174 et Abou Dawoud, 421 et 430
et Ibn Madja, 698.
Ce hadith indique clairement que l’adhan repose
sur le rêve d’un éminent Compagnon confirmé par notre cher Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui ). Il n’était pas une suggestion comme
vous l’avez mentionné, mais bien un rêve. Or il est bien connu que le rêve
constitue une des 70 parties de la prophétie conformément à ce qui a été rapporté
dans le hadith d’Ibn Omar selon lequel le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui ) a dit : « le rêve est une
des 70 parties de la prophétie » (rapporté par Ahmad, 4449). Le hadith
est rapporté par al-Boukhari en ces termes : « Le bon rêve est une des
46 parties de la prophétie » (rapporté par al-Boukhari, 6474 et Mouslim,
4203 et 4205)
Le rêve dont il s’agit ici est, comme l’a décrit
le Messager d’Allah, une manifestation réelle. Il n’est pas d’Allah et ne
constitue point une suggestion émanant d’une personne. Il est devenu une donnée
prophétique dès son adoption par le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui). Sans cette confirmation, il n’aurait pas été un rêve vrai ni une
partie de la prophétie. Sa véracité provient d’une décision du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui ) qui a ordonné que son contenu fût mis en pratique.
Omar avait fait un rêve identique et il ne faut
pas oublier qu’Omar était l’un des califes bien guidés et que le Messager
d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui ) a dit : « Tenez fortement à ma sunna (pratique) et à celle
des califes bien guidés. Mordez-les avec vos molaires (cramponnez-vous y)
(rapporté par At-Tarmidhi, 2600, et Ibn Madja, 43 et Ahmad, 16519)
Omar (P.A.a) eut à plusieurs reprises des opinions
confirmées par la révélation et la législation divine. A ce propos, Aïcha
(P.A.a) a rapporté que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) disait
: « Les peuples antérieurs avaient des inspirés. S’il doit en avoir
dans ma communauté, Omar doit en faire partie. » (rapporté par al-Boukhari,
3282 et Mouslim, 2389). Ce dernier rapporte d’Ibn Wahab que le terme « muhaddathoun »
signifie « moulhamoun » (inspirés).
Si vous dites : mais pourquoi l’adhan fut
institué comme vous dites à savoir qu’il avait d’abord été vu en rêve par
deux Compagnons puis confirmé ensuite par la révélation au lieu que cette
dernière constitue le point de départ comme c’est le cas dans les autres dispositions
de la loi ?
La réponse est qu’Allah légifère ce qu’Il veut
et comme Il le veut. Peut-être ce qui se passa visait-il à mettre en relief
le mérite des deux Compagnons et à confirmer qu’il y avait du bien dans cette
communauté et qu’il y avait parmi ses membres des individus dont la Révélation
divine confirmait la justesse de leurs vues et qu’il y avait parmi eux des
gens dont les rêves traduisaient des vérités et reflétaient leur propre véracité.
Car les personnes dont les rêves s’avèrent les plus conformes à la réalité
sont les gens les plus véridiques, comme l’affirme le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui).
Enfin, il est enseigné dans les livres des hommes
du savoir que la Sunna se définit comme étant tout ce qui a été rapporté du
Prophète (bénédiction et salut soient sur lui ) en matière de propos, d’actes
et de confirmation. Les propos et les actes sont clairs. Quant à la confirmation,
elle se traduit par le fait que quelqu’un accomplit un acte devant lui et
qu’il l’approuve. Cette approbation intègre l’acte dans le dispositif législatif
, étant donné que le Messager (bénédiction et salut soient sur lui )
ne le tait pas sur une erreur et ne confirme pas une aberration.
Parfois il ne confirmait pas
les actes commis en sa présence ; il les interdisait. C’était le cas
de son comportement avec le Compagnon Abou Israël tel que rapporté par Ibn
Abbas en ces termes : « Le Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui ) prononçait un discours quand subitement on s’aperçut qu’un homme
se tenait debout sous le soleil. Il demanda après lui et on lui dit que c’était
Abou Israël et qu’il avait formulé le vœux de rester debout, de ne plus parler
et de perpétuer le jeûne. Il dit : « Dites-lui de parler, de se placer
à l’ombre, de s’asseoir et de terminer son jeûne. » (rapporté par al-Boukhari,
6326)
Voilà donc le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui ) qui entérine le jeûne d’Abou Israël tout en informant le reste du
contenu de son voeu.
Aussi est-il devenu clair que l’adhan
fut intégré par la Charia dans la pratique religieuse par l’approbation du
Prophète (bénédiction et salut soient sur lui ) de ce qu’Allah avait
montré aux deux Compagnons et après son ordre donné à Abd Allah Ibn Zayd d’apprendre
à Bilal ce qu’il devait dire dans l’adhan. Peut-être les explications
que voilà ont-elles élucidé vos incompréhensions et vous ont permis de bien
saisir la question, ô frère, auteur de la question.
Nous demandons à Allah pour vous et pour nous
la bonne compréhension de la religion. Allah le sait mieux.