Louange à Allah
Premièrement, il n’est pas permis à un homme d’épouser une femme sans la permission
du tuteur de celle-ci. Que la femme soit vierge ou pas. C’est l’avis de la
majorité des ulémas y compris Shafii, Malick et Ahmad. Et ils se fondent sur
les propos du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « Pas
de mariage sans tuteur » (rapporté par at-Tarmidhi, 1101, Abou Dawoud,
2085 et Ibn Madja, 1881. Et il est authentique comme affirmé dans Irwa
al-ghalil d’al-Albani (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde), (6/235)
et ses propos : « chaque fois qu’une femme se marie sans la permission
de son tuteur, son mariage est nul, son mariage est nul, son mariage est nul.
Si le mariage est consommé, elle a droit à une dot à cause de l’acte sexuel.
Si elle n’a pas de tuteur, l’autorité musulmane en tient lieu. » (rapporté
par at-Tarmidhi, 1102 et qualifié de ‘beau’ par lui et rapporté par Abou Dawoud,
2083 et Ibn Madja, 1879.
Deuxièmement, si son tuteur l’empêche de se marier avec la personne de son choix
sans une raison légale, la tutelle est transférée au tuteur suivant, par exemple
du père au grand père.
Troisièmement, si tous les tuteurs s’opposent au mariage sans une raison légale, la
tutelle est transférée à l’autorité musulmane compte tenu du hadith : «
A défaut de tuteur, l’autorité musulmane en tient lieu » Par autorité,
on entend l’autorité religieuse.
Le tuteur n’a pas le droit d’empêcher une femme de se
marier pour une raison subjective et sans une excuse légale.
Hassan a dit : Ma’qal Ibn Yassar m’a raconté que le
verset : (2 :232 ) a été révélé à la suite d’un cas qui lui était arrivé :
« J’ai marié ma soeur à un homme, dit-il, puis il l’a répudiée. Après
la fin de son délai de viduité, il est revenu lui demander sa main et je lui
ai dit : « Je t’avais donné une épouse et te l’avais amenée pour t’honorer,
mais tu l’as répudiée, puis maintenant, tu reviens la demander une nouvelle
fois ! Au nom d’Allah, elle ne te reviendra plus jamais. » Pourtant l’homme
était bien et la femme voulait lui retourner ... c’est alors qu’Allah a révélé
ce verset : « Ne leur empêchez pas ... « J’ai dit alors : maintenant,
je vais m’exécuter, ô Messager d’Allah ... » et il l’a lui redonnée,
dit-il. » (rapporté par Boukhari, 4837).
Une autre version dit : « C’est à propos de mon
cas qu’a été révélé ce verset : « … ne les empêchez pas de renouer
avec leurs époux, s' ils s' agréent l' un l' autre, et conformément à la bienséance.»
(Coran, 2 : 232).
Quatrièmement, à défaut d’un tuteur et d’une autorité musulmane, l’on doit se référer
à l’autorité en place ou à celui qui la remplace. A défaut de tout cela, l’on
doit se référer aux tribunaux religieux (musulmans). A défaut de cela, l’on
doit se référer à un homme pieux occupant une place de chef au sein de son
peuple. A défaut, tout homme intègre et juste peut servir de tuteur.
Ibn Qudama dit : « Si la
femme ne trouve ni tuteur ni autorité, l’on a rapporté d’Ahmad un avis qui
indique qu’un homme juste peut la marier avec sa permission. » Al-Moughni,
7/352, Cheikh Omar al-Ashqar : « Si les musulmans ont perdu le pouvoir
ou que la femme se trouve dans un endroit où les musulmans n’exercent pas
le pouvoir et n’a pas du tout de tuteur comme c’est le cas des musulmans
en Amérique et ailleurs, s’il y a sur place des institutions islamiques qui
veillent sur les affaires des musulmans, elles s’occupent de son mariage.
Il en serait de même si les musulmans locaux avaient un chef obéi qui s’occupe
de leurs affaires. Voir al-Wadih fi sharh qanoun al-ahwal ash shakhsiyya
al-ordouni, p. 70.
Mais tout cela est assujetti au consentement de la femme
et à l’absence d’inconvénients plus importants que les avantages de son mariage
et conditionné par le fait que la cause de l’opposition du tuteur soit illégale,
comme vous l’avez expliqué.
Cinquièmement, il n’est pas permis au tuteur de refuser le mariage sous prétexte que
le fiancé ne suit pas son approche dans l’appel à l’Islam ou parce qu’il n’appartient
pas à sa tribu ou n’est pas son compatriote. Car le prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) a donné l’ordre de donner les femmes en mariage aux
gens religieux et de ne pas décliner leur demande car un refus (non justifié)
peut conduire à la corruption et à des tentations.
D’après Abou Hourayra, le
Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Si un
homme dont la religiosité et la moralité vous donnent satisfaction s’adresse
à vous pour demander à se marier, répondez-lui (favorablement). Sinon, la
tentation et une grande corruption se répandront sur terre ». (rapporté
par at-Tarmidhi, 1084, Ibn Madja, 1967 et vérifié par al-Albani (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) dans Silsilatou al-ahadith as-sahiha,
1022).
Sixièmement, de même il n’est pas donné à la femme de se marier avec n’importe qui
sous prétexte d’une communauté d’approche en matière d’appel à l’Islam. Car
il suffit que le prétendant soit un homme de foi et de bonnes moeurs.
Que tous soient conscient du contrôle de leur Maître
béni et très haut. Allah le sait mieux.