Louange à Allah
1 - Les détenteurs de la science (Puisse Allah
leur accorder Sa miséricorde) ont mentionné les conditions de la tutelle matrimoniale.
Certaines sont unanimement admises par eux, et d’autres font l’objet de divergences
de vues. Celles admises à l’unanimité se présentent comme suit :
a. L’adhésion à l’Islam
A ce propos, Ibn Qudama dit : « l’infidèle
ne peut exercer aucune tutelle sur une musulmane en aucun cas, selon le consensus
des détenteurs de la science. Cet avis a été attribué par lui à Ibn al-Moundhir. (Al-Moughni,
7/352).
b. La raison (jouir de ses facultés mentales)
c. La majorité
d. Etre de sexe masculin
Ibn Ruchd dit : ils soutiennent à l’unanimité que les conditions
de la tutelle sont : l’adhésion à l’Islam, la majorité et le fait d’être de
sexe masculin (Bidayatou al-Moudjtahid, 2/12).
Ibn Qudama dit: « le fait d’être de sexe
masculin est une condition de la tutelle selon l’avis de tous ». (Al-Moughni
7/356).
S’agissant des conditions controversées, les
voici :
a. La liberté
La plupart des détenteurs de la science en font
une condition, contrairement aux Hanafites.
Ceux qui font de la liberté une
condition arguent que l’esclave, n’ayant aucune autorité sur sa propre personne,
ne peut pas, a fortiori l’exercer sur autrui. Voir les deux sources susmentionnées.
b. L’équité
L’imam Chafi et l’imam Ahmad en font une condition
L’équité en question ici se limite aux apparences.
En effet, il ne s’agit point d’exiger que le tuteur soit équitable extérieurement
et intérieurement. Car cela serait source de gêne et de difficultés et pourrait
entraîner la caducité de la plupart des mariages. Voilà ce qui est écrit dans
Kashf al-Qinaa
(3/30).
Attention !
Il se peut que l’auteur de la question désire
épouser la femme, engage une discussion avec son tuteur sur une question ou
deux et se heurte à une divergence de vues. De là il accuse le tuteur de la
femme de ne pas accepter le Livre et la Sunna comme référence ! Ceci constitue
un abus dangereux et un grave péché puisqu’il revient à formuler contre le musulman
une accusation qui l’exclurait de la religion.
Si, vraiment, le tuteur ne croit pas à la Sunna
en tant que référence, comme c’est le cas de cette communauté qui s’appelle
« les coranistes », l’on doit discuter avec
lui, lui montrer la vérité, lui ôter toute ambiguïté et lui faire une démonstration
de la preuve. S’il persiste dans son attitude, il est alors mécréant. Or un
mécréant ne peut pas exercer la tutelle matrimoniale sur une musulmane, fût-elle
sa propre fille. L’on devra dès lors lui retirer la tutelle pour la confier
au plus proche parent musulman de la femme en question. Allah le sait mieux.