Louange à Allah
Pour comprendre la question, il
faut savoir qu’il existe deux récompenses : celle qui résulte de l’acquisition
des connaissances et celle qui est due à l’accompagnement du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui). Certaines personnes issues des dernières générations
peuvent recevoir de leurs œuvres une récompense plus importante que celle donnée
aux Compagnons qui avaient fait les mêmes œuvres en raison de la rareté de ceux
qui s’y adonnent et la faiblesse de l’aide qu’ils reçoivent et des troubles
et des épreuves (qui marquent leur époque) mais ils n’atteignent pas la récompense
liée à la rencontre et l’accomplissement du Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui).
Al-Hafiz ibn Hadjar a dit : « le
hadith qui dit : celui d’entre eux qui accomplira une bonne œuvre recevra
une récompense pareille à celle donnée à cinquante d’entre vous » n’indique
pas la supériorité de ceux qui sont venus après les Compagnons à ces derniers
puisque la réception d’une plus grande récompense n’implique pas la supériorité
en mérite.
Par ailleurs, les récompenses dont certaines
sont plus importantes que les autres concernant des actions identiques. Quant
au mérite particulier lié à la rencontre avec le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui), il constitue une privilège inégalable. C’est ainsi qu’il faut
interpréter les hadith susmentionnés. Voir Fateh al-Bari, 7/7.
Cheikh al-islam (Puisse Allah lui accorder
Sa miséricorde) a dit : « Les derniers, auteurs de bonnes actions,
peuvent être récompensés cinquante fois plus que celui parmi les Compagnons
qui a accompli les mêmes actions parce que ceux-ci avaient des gens qui les
aidaient à faire ce qu’ils faisaient. Quant aux dernières générations, elles
ne trouvent personne pour les aider à faire du bien. Mais le fait de multiplier
par 50 la récompense de leurs actions sans l’avoir fait pour les Compagnons,
auteurs des mêmes actions, n’implique pas leur supériorité aux Compagnons. En
effet, le méritant parmi elles n’est pas comme le méritant parmi les Compagnons
parce que les mérites particuliers des Compagnons résultant de leur adhésion
à la foi, de leur lutte pour l’islam, de leur affrontement de l’hostilité des
habitants de la terre pour raffermir leur alliance avec le Messager, de leur
croyance en lui et de leur application de ce qu’il apportait et prescrivait
à un moment où son appel n’était pas encore propagé et son discours n’était
pas connu des masses et ses partisans n’étaient pas nombreux et les indices
de la prophétie n’étaient pas diffusés, un moment où les croyants restaient
peu nombreux et les mécréants et les hypocrites étaient très nombreux. A quoi
s’ajoute la dépense par les croyants de leurs biens dans le chemin d’Allah pour
Lui complaire dans les conditions que voilà, tout cela constitue une ensemble
(de facteurs) dans lequel nul ne peut les égaler.
C’est ce que confirme
ce hadith rapporté dans le Deux Sahih d’après le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) : « N’insultez pas mes Compagnons !
Au nom de Celui qui tient mon âme en Sa main, si l’un de vous dépensait l’équivalent
d’Ouhoud en or, il resterait très loin de les égaler ». Voir Madjmou’al
Fatawa, 13/65-66. (à revoir).
Il dit encore : « cela étant, tout
honneur accordé aux générations dernières a déjà été accordé de manière plus
parfaite aux ancêtres pieux. Quant à sa parole : « Ils recevront chacun
une récompense égale à celle donnée à cinquante parmi vous puisque vous trouvez
des gens qui vous aident à faire du bien alors qu’eux ne trouveront personne
pour les y aider » , elle est exacte. Si un homme des dernières générations
fait une bonne œuvre comme celles accomplies par les anciens, il recevra une
récompense multipliée par 50. Mais il est inconcevable que des gens des dernières
générations puissent accomplir des œuvres égales à certaines faites par des
anciens comme Abou Bakr et Omar. Car il ne reste plus aucun prophète comme Muhammad
(bénédiction et salut soient sur lui) avec qui on puisse accomplir des œuvres
comparables à celles faites en compagnie de ce dernier.
Quant à la parole du Prophète (bénédiction et
salut soient sur lui) : « Ma communauté et comparable à une pluie
et on ne sait pas si le commencement est meilleur ou la fin. Ce hadith, bien
que souple, signifie qu’il y a parmi les derniers des gens qui ressemblent aux
anciens et se rendent si proches d’eux en mérite que celui qui examine leurs
cas ne saura plus si ceux –ci sont meilleurs ou ceux-là, même si, en réalité,
les uns sont meilleurs que les autres.
C’est une bonne nouvelle pour les derniers puisqu’il
indique que parmi eux il y a des gens qui se rapprochent des anciens comme le
confirme l’autre hadith : « Les meilleurs membres de ma communauté
se trouvent parmi les premiers et les derniers, et entre ces deux (générations)
il y a un mélange entachés de défauts. Combien j’aimerais voir mes frères !
– « Ne sommes-nous pas vos frères ? »
– « Vous êtes mes compagnons ». Ceci
revient à préférer les Compagnons auxquels est réservé le mérite lié à l’accompagnement,
qui est plus parfait que la simple fraternité ». Voir Madjmou al-Fatawa,
11/370-371.
Il convient d’attirer
l’attention (du lecteur) sur le fait que les termes utilisés dans le hadith
cité dans la présente question : « le meilleur siècle est le mien »
sont sans fondement, même s’ils reviennent fréquemment dans les ouvrages de
la Sunna. En plus, ils véhiculent un sens erroné puisque si le sens qui lui
est prêté était le sien, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) aurait
dit : « Puis celui qui le suit » et pas « Puis ceux qui
les suivent ». Les termes exacts sont : « les meilleurs gens
sont (ceux de ) ma génération » et : « les meilleurs membres
de ma communauté sont (les gens de) ma génération ».
Allah le sait mieux.