Louanges à Allah
Il est en principe interdit
de résider chez les polythéistes, dans leurs pays. Si Allah facilite à quelqu’un
de quitter ces pays-là pour s’installer en pays musulman, il ne faut pas choisir
ce qui est moins bien à la place du meilleur, à moins qu’il existe une cause
contraignante qui autorise le retour (aux pays des mécréants).
Nous vous donnons le
même conseil que les autres, à savoir ne pas résider en pays mécréant, en
dehors du cas de nécessité et à titre provisoire pour recevoir des soins qui
ne sont pas disponibles en pays musulman.
Sachez que quand on abandonne
une chose pour complaire à Allah, Celui-ci nous la remplace par une chose
meilleure. Sachez encore que les facilités succéderont aux difficultés et
qu’Allah arrange une issue heureuse à celui qui Le craint et lui apporte une
subsistance là où il ne s’y attend pas. Sachez que la sauvegarde du capital
est préférable à la recherche de profits à travers une opération risquée.
Le capital du musulman c’est sa foi ; il ne faut pas qu’il le traite
avec complaisance pour des intérêts mondains éphémères.
Cheikh Ibn Outhaymine
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a émis des fatwa détaillés
à propos du séjour dans les pays des mécréants. Nous en citons ici quelques
extraits : Cheikh Ibn Outhaymine dit : la résidence dans les pays
des mécréants comporte un grand danger pour la foi du musulman, pour ses mœurs,
pour sa conduite et pour ses comportements. Nous avons souvent constaté –
comme d’autres – des déviations chez des personnes ayant résidé dans ces pays-là.
Ils sont revenus métamorphosés, dévoyés ; certains d’entre eux ont renoncé
à toutes les religions – à Allah ne plaise. Ils sont devenus complètement
athées et se moquent de la religion et de ses pratiquants anciens et contemporains.
Voilà pourquoi il convient de soumettre ce séjour à des conditions afin d’éviter
que des gens glissent dans ces lieux de perditions. Le séjour dans les pays
des mécréants est soumis à deux conditions principales :
La première est que l’intéressé
soit assez sûr de sa foi ; de la maîtriser et d’y adhérer sur la base
d’une forte détermination qui permet de persévérer dans la foi. Cette détermination
doit être doublée d’une méfiance à l’égard des déviations et de l’égarement.
Il faut aussi que l’intéressé nourrisse de l’inimitié à l’égard des mécréants ;
il faut qu’il les haïsse et évite de s’allier à eux et de les aimer. Car l’un
et l’autre sont incompatible avec la foi. A ce propos le Très Haut dit :
«Tu n' en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier,
qui prennent pour amis ceux qui s' opposent à Allah et à Son Messager, fussent-
ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu.» (Coran,
58 : 22) et dit : «Ô les croyants! Ne prenez pas pour alliés
les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'
entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide
certes pas les gens injustes. Tu verras, d' ailleurs,
que ceux qui ont la maladie au cœur se précipitent vers eux et disent: "Nous
craignons qu' un revers de fortune ne nous frappe." Mais peut-être qu'
Allah fera venir la victoire ou un ordre émanant de Lui. Alors ceux-là regretteront
leurs pensées secrètes. » (Coran, 5 : 51-52).
Selon un hadith authentique
rapporté dans le Sahih, le Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) a dit : « Celui qui aime des gens en fait partie » et
« L’on sera avec celui que l’on aime ». Aimer les ennemis d’Allah
est une des plus grandes sources de danger pour le musulman. Car il implique
qu’on soit d’accord avec eux, qu’on les suive ou, dans le meilleur des cas,
qu’on ne conteste pas leur conduite. C’est ce qui fit dire au Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) : « Celui qui aime des gens en fait partie ».
La deuxième condition
est la possibilité pour le musulman de pratiquer sa religion publiquement
sans aucun obstacle, il ne faut pas qu’on l’empêche d’observer les prières
quotidiennes ou celles du vendredi ou des prières collectives s’il vit avec
un groupe de musulman. Il ne faut pas qu’on l’empêche d’acquitter la zakat,
le jeûne, le pèlerinage ou d’autres pratiques religieuses. Car s’il n’est
pas en mesure de s’en acquitter, il ne lui est pas permis de résider dans
les pays concernés parce qu’il a l’obligation de les quitter dans ce cas.
Cheikh Ibn Outhaymine
a établi des catégories de gens en rapport avec le séjour dans les pays non
musulmans…
La quatrième catégorie
est composée des gens qui se rendent dans ces pays pour y faire du commerce
ou pour s’y faire soigner ; il est permis à ces gens-là de séjourner
dans les pays concernés le temps nécessaire pour réaliser l’objet de leur
déplacement. Les ulémas (Puisse Allah leur accorder Sa miséricorde) ont précisé
qu’il est permis d’entrer dans les pays des mécréants pour faire du commerce
et ils ont attribué cette opinion à certains compagnons du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui).
Cheikh Ibn Outhaymine
dit à la fin de la fatwa : « Comment un croyant (musulman)
peut-il accepter de plein gré de séjourner dans des pays de mécréants où les
pratiques de la mécréance sont maintenues publiquement et où le gouvernement
fonctionne selon des lois autres que celles établies par Allah et Son Messager ?
Comment peut-il rester passif tout en constatant cela et tout en en subissant
les conséquences ? Comment peut-il déclarer sa loyauté à ces pays et
s’y installer tranquillement avec sa famille comme on le ferait dans un pays
musulman en dépit du danger que cela comporte pour lui-même et pour sa famille
dans leur foi et dans leurs mœurs?
Voir Madjmou’ fatawa cheikh Ibn Outhaymine (fatwa n° 388).
Voir encore la réponse donnée aux questions
n° 14235 et 3225.
Allah le sait mieux.