Louanges à Allah
Le prieur n'est pas tenu de nourrir à travers le salut
final il prononce l'intention de sortir de la prière. S'il procédait à l'ultime
salut de la prière sans avoir formuler une intention quelconque, cela lui
suffirait. C'est l'opinion de la majorité des jurisconsultes hanafites
, chafiites et hanbalites.
Ibn Qoudamah (puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) dit: «En procédant au salut final, on nourrit
l'intention de mettre fin à la prière.
Si on ne nourrit pas cette intention…, la prière est nulle selon Ibn Hamid; c'est ce qui se dégage apparemment d'un texte de Chafii car cela revient à prononcer une formule à l'une des
deux extrémités de la prière, ce qui nécessite qu'on soit animé d'une
intention, comme c'est le cas avec le takbiir.
(la prononciation de la formule: Allahou
akbar).»
Selon un texte reçu d'Ahmad (puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) l'absence d'une intention en ce moment n'entraîne pas la nullité
de la prière; C'est l'avis juste puisque l'intention initiale formulée à
l'entame de la prière s'étend à toutes les parties de la prières y compris le
salut final. Si le renouvellement de la formulation de l'intention s'imposait,
on l'aurait précisé, comme c'est le cas avec le takbiir
initial car il s'agirait alors d'un acte cultuel. Or il n'est pas nécessaire de
formuler l'intention de terminer un acte cultuel. Assimiler le début à la fin
de la prière est inexact. L'intention est nécessaire au début et elle
s'applique à toutes les parties de la prière, ce qui n'est pas le cas pour la
fin. C'est pourquoi on différencie le début et la fin dans toutes les pratiques
cultuelles.
Certains de nos condisciples disent qu'on nourrit lors de
la prononciation du double salut l'intention de mettre fin à la prière. Si en
plus on nourrit l'intention de répondre au salut des deux anges et au salut de
ceux qui se trouve derrière le fidèle, au cas ou celui sert d'imam, ou au salut
de l'imam et à celui des autres, au cas où le fidèle prie derrière un imam,
cela ne fait l'objet d'aucun inconvénient. C'est ce que confirme un texte d'Ahmad
dans lequel il dit: «il prononce l'ultime salut avec l'intention de répondre à
celui de l'imam, compte tenu de ce que Mouslim a
rapporté d'après Djabir ibn Samourah
qui dit: «quand nous avions prié avec le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) nous disions au sortir de notre prière: «salut à vous! Salut à vous!»
Le Messager d'Allah (bénédiction et salut soient sur lui) nous regarda et dit:
«pourquoi retournez vous vos paumes comme les queues de chevaux excités? Quand
l'un d'entre vous salue à la fin de sa prière, qu'il se tourne vers son
compagnon sans retourner ses paumes.» Selon une autre version, «il suffit à
l'un d'entre vous de poser sa main sur ses fesse et de saluer ses compagnons à
sa droite et à sa gauche.» Abou Daoud a rapporté :« il a dit: le Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) nous a donné l'ordre de répondre au salut de l'imam et de nous saluer les
uns les autres. »
Ceci indique que la Sunna veut qu' en
procédant au salut on entende l'adresser à ceux qui prient avec nous. C'est la
doctrine d'ach-Chafii et celle d'Abou Hanifa. Abou Hafs ibn al-Mouslim, un condisciple (hanbalite) dit: «En prononçant
le premier salut, on nourrit l'intention de mettre fin à la prière et, en
prononçant le second, on entend saluer les anges gardiens et les autres
prieurs, si on est imam, ou répondre au salut de l'imam et à celui des anges
gardiens, si on prie derrière un imam.» Extrait d'al-Moughni
(1/326).
An-Nawawi (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «en
prononçant l'ultime salut, doit on avoir l'intention de sortir de la prière? Il
y a deux avis sur la question. Le plus juste est celui émis par les
khurassaniens selon lequel cela ne s'impose pas puisque l'intention formulée à
l'entame de la prière s'applique toutes les parties de celle-ci. C'est l'avis
d'Abou Hafs
ibn al-Wakil et Abou Abd
Allah al-Khatan, comme l'auteur l'a affirmé. Selon
imam al-Haramayn, c'est l'avis de la majorité. Le
second avis est plus juste selon la
majorité des iraquiens. Le compilateur (puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) dit : c'est ce qui se dégage de l'apparence de son texte recueilli
par al-Bouwayti. C'est aussi l'avis d'Ibn Souraydj et Ibn al-Quas. L'auteur
d'al-Hawi dit: cet avis est apparemment conforme à la
doctrine. Il est aussi l'avis de ses disciples qui l'ont adopté par
assimilation au début de la prière. L'avis juste est le premier. Selon ar-Rafiii cet avis est choisi par la majorité des
jurisconsultes des dernières générations. Ces gens considèrent que le texte
reçu d'ach-Chafii n'implique qu'une recommandation.»
Extrait d'al-Madj mou' (3/457). Voir Bada'i as-sana'i
(1/214).
Les malékites ont émis deux avis sur la question.
L'auteur d'at.-Tadj wal
Iklil (2/219) dit: «la condition portant sur la
formulation de l'intention de sortir de la prière fait l'objet d'une
divergence. Ibn Roushd dit: de même qu'on n'entre en
prière qu'après un takbir qui marque
l'intention d'entamer la prière, de même on n'en sort qu'avec un salut marquant
l'intention d'y mettre fin. Si on prononce l'ultime salut sans nourrir aucune
intention, cela suffit, vu l'intention formulée avant de commencer la prière
puisque le prieur n'est pas tenu de renouveler son entrée en prière à
l'accomplissement de chacun des piliers de la prière. Pour Ibn al-Madjichoun, il faut renouveler l'intention au moment de
sortir de la prière. Pour Ibn al-Arabi, ce qui est
connu dans la doctrine malikite est tout à fait le contraire.»
Allah le sait mieux.