Réponse
Louange à Allah
L’interpénétration des
actes cultuels peut revêtir deux formes : une forme incorrecte qui est celle
des actes cultuels voulus par eux-mêmes ou liés à d’autres dont ils dépendent.
Cette forme d’interpénétration est invalide. Par exemple, si un homme a raté
deux rak’a du fadjr et ne les a accomplies jusqu’à l’arrivée
de la prière de l’aurore, il ne peut ni substituer ni intégrer les deux rak’a
de l’aurore dans celles du fadjr, ni procéder inversement parce que
chacune des deux prières est indépendante de l’autre et aucune ne peut se
substituer à l’autre.
De même, si une prière
dépend de celle qui la précède, la fusion n’est pas permise. Si quelqu’un
dit : je veux accomplir la prière du fadjr avec l’intention d’y inclure
les deux rak’a surérogatoires habituelles, on lui dirait que c’est
incorrect parce que la prière surérogatoire dépend de celle obligatoire et
ne saurait s’y substituer.
La deuxième forme est
celle des actes dont le seul accomplissement est visé. Ces actes ne sont pas
essentiels et ils peuvent être fusionnés avec d’autres. Par exemple, si un
homme entre dans une mosquée pendant la prière du fadjr, il entre tout
de suite en prière avec l’imam car cette prière le dispense des deux rak’a
de salutation à la mosquée recommandée à toute personne qui entre dans
une mosquée. En effet, l’essentiel est d’accomplir deux rak’a dès qu’on
entre dans une mosquée. Il en est de même pour celui qui entre dans une mosquée
à l’aurore ; s’il accomplit deux rak’a, elles peuvent faire fonction
de prière de l’aurore et de salutation à la mosquée, même si l’intéressé ne
nourrit que l’intention d’effectuer la prière de l’aurore. Mais il est préférable
de fusionner les deux dans une seule prière. Voilà la règle qui régit l’interpénétration
des actes cultuels, dont le jeûne fait partie. Pour ce qui est de la journée
d’Arafa, il s’agit d’observer le jeûne ce jour-là. Peu importe qu’on ait l’intention
de l’intégrer dans les trois jours que l’on jeûne chaque mois ou qu’on ait
l’intention de le jeûner à part. Mais si on a l’intention de le faire
parce que c’est le jour d’Arafa, il ne dispense pas l’intéressé de jeûner
trois jours complets. Si on a l’intention de l’intégrer dans les trois jours,
son jeûne tient lieu valablement du jeûne d’Arafa faisant l’objet d’une recommandation
à part. Il est toutefois préférable de doubler l’intention.
La Rencontre de la porte ouverte d’Ibn Outhaymine, 51/19.