Louanges à Allah
Il n' y a aucun
inconvénient à utiliser la formule de prière: Seigneur, agrée de nous nos bonnes
œuvres. Cette formule ne véhicule
rien qui soit religieusement appréhensible. La formule est juste aussi bien
dans sa forme que dans son contenu car Allah le Puissant et Majestueux agrée
les bonnes œuvres et n'agrée pas les mauvaises. A ce propos Allah le Puissant
et Majestueux dit: «Afin qu'Allah les récompense de la meilleure façon pour ce
qu'ils ont fait [de bien]. Et Il leur ajoutera de Sa grâce.» (Coran,24:38 ) et dit: «Ce
sont ceux-là dont Nous acceptons le meilleur de ce qu'ils œuvrent » (Coran,46:16).
L'érudit as-Saadi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit:«
Par le meilleur de ce qu'ils œuvrent on entend les belles et bonnes
œuvres puisqu'elles constituent la meilleure partie de leurs œuvres car ils faisaient des choses licites
et d'autres. Or la bonne récompense n'est due que pour une bonne œuvre
conformément à la parole du Très Haut: « afin qu'Allah leur efface les pires de
leurs actions et les récompense selon ce qu'ils auront fait de meilleur.» (Coran,39: 35)Tafisr d'as-Saadi, p.569.
Celui qui demande à Allah
d'agréer ses bonnes œuvres n'entend pas demander à Allah de ne pas agréer ses
moins bonnes œuvres. Le qualificatif «bonnes» n'est usité que pour indiquer la
raison de l'agrément. C'est une figure de style bien connue que les sémanticiens
appellent sens déduit d'une qualification révélatrice. Ils en trouvent
un exemple dans la parole d'Allah Très Haut: «Et quiconque invoque avec Allah
une autre divinité, sans avoir la preuve évidente [de son existence]» (Coran,23:117).
L'érudit, Muhammad al-Amine ach-Chinquiti (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Il n' y a aucune divergence de vues au
sein des ulémas au sujet de l'expression sans avoir la preuve évidente. Ils
soutiennent tous que le sens contraire de l'affirmation n'est pas considéré.
Aussi personne ne pourrait se dire: celui qui adore une autre divinité qu'Allah
sur la base d'une preuve n'aurait rein à se reprocher… car il est impossible de
disposer d'une preuve justifiant l'adoration d'une divinité à côté d'Allah. Bien
au contraire, toues les preuves irréfutables et concordantes indiquent que
l'Auguste et Très Haut est le seul et unique qui mérite d'être adoré. Il n'est
pas possible de trouver une preuve prouvant le contraire.
Une règle bien connue de la
science qui étudie les sources veut que figure parmi les considérations qui
empêchent que l'implication du contraire d'une affirmation soit retenue le
fait que la spécification d'un qualificatif ne vise que la confirmation de la
réalité. En effet, le texte mentionne un qualificatif qui reflète la réalité et
fonde un jugement là dessus. La mention spécifique du qualificatif ne vise pas
à extraire le sous entendu de l'énoncé, mais elle vise
à montrer qu'il en est ainsi en réalité. L'exemple de cette règle dans le Coran
se trouve dans le verset (23:117) car l'expression sans avoir la preuve évidente ne fait
que refléter la réalité puisqu'ils (les polythéistes) invoquent d'autres
divinités à côté d'Allah sans preuve. La précision sans avoir la preuve évidente ne fait
qu'indiquer la réalité. Elle n'extrait pas le sous entendu
de l'énoncé. Un autre exemple tiré du Coran consiste dans la parole du Très Haut:
«Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de
croyants» (Coran,3:28). Ce verset a été révélé
à propos de gens qui s'étaient alliés avec les Juifs au détriment des
croyants (musulmans). La précision au lieu de croyants ne fait qu'indiquer la
réalité. Elle n'extrait pas le sous entendu de
l'énoncé. Car il est bien connu qu'il est interdit dans tous les cas de choisir
les mécréants pour alliés.» Extrait d'Adhwaa al-Bayan,5/364.
En somme, il n'est permis à
personne de parler de la religion d'Allah le Puissant et Majestueux sans
connaissance ni clairvoyance et de manière à parler arbitrairement au point de
créer au sein des musulmans une situation qu'aucun uléma de la charia
n'approuve. Il faut plutôt se conformer au Coran et à la Sunna et enseigner aux
gens les dispositions claires de la religion et laisser le reste (les ambigüités) aux ulémas spécialistes.
Les ulémas ont toujours
employé la formule de prière en question dans leurs livres et sermons.
C'est ainsi qu'on trouve dans un sermon de Cheikh Ibn Outhaymine
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) ces phrases: «Monseigneur, nous Te
demandons d'agréer nos bonnes œuvres et
d'effacer nos mauvaises œuvres..» Extrait de son site (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) consultable à cette adresse:
http://www.ibnothaimeen.com/all/khotab/article47.shtml
Allah le sait mieux.