Louange à Allah
Pour répondre à cette
question, il faut expliquer deux choses : La première est de savoir s’il
est permis de résider dans un pays mécréant.
La deuxième porte sur
la pertinence de l’adoption d’une nationalité (étrangère).
S’agissant du premier
point, nous expliquons que la résidence par un musulman dans un pays mécréant
n’est permise qu’à la réunion des conditions suivantes :
1/ Existence d’un besoin
légitime dont la satisfaction nécessite un séjour dans leur pays, besoin qui
ne peut pas être satisfait en pays musulman. C’est comme le commerce, l’appel
à l’Islam, la représentation officielle d’un pays musulman, l’acquisition
d’un savoir indisponible dans un pays musulman soit parce qu’on ne l’y trouve
pas, soit pas parce qu’il y est d’une qualité inférieure, la recherche d’un
abri contre l’assassinat, l’emprisonnement ou la torture… Les nuisances
et les tracasseries à elles seules ne justifient pas la fuite – la
préservation de la sécurité de la famille et des biens.
2/ La résidence dans
un pays de mécréants doit être provisoire non permanente ; le résident
ne doit pas nourrir l’intention de se fixer définitivement, mais de séjourner
temporairement. Car l’installation définitive revient à abandonner une terre
d’Islam pour une terre de mécréance. Ce qui constitue une flagrante violation
de la disposition légale qui impose l’émigration des pays de mécréance vers
la terre de l’Islam. Le caractère temporaire du séjour est réel si l’on a
l’intention de quitter le pays d’accueil dès la satisfaction du besoin pour
lequel on y était venu.
3/ Le pays mécréant
dans lequel on veut se fixer doit être dans un état de non belligérance avec
les musulmans non en état de guerre, car dans ce cas, il n’est pas permis
d’y séjourner.
4/ L’existence d’une
liberté religieuse dans le pays d’accueil, qui permet au musulman d’y célébrer
les rites de sa religion publiquement ;
5/ La possibilité pour
le musulman d’apprendre les enseignements de la religion dans le pays d’accueil.
Si cela lui est difficile, il ne lui est pas permis d’y résider parce que
son séjour l’amène à se détourner de l’apprentissage de la religion d’Allah.
6/ Etre en mesure de
préserver sa foi et celle des membres de sa famille. Si tel n’est pas le cas,
il n’est pas permis de résider en pays mécréant. Car la préservation de la
foi est plus importante que la sauvegarde de la vie, de la famille, et des
biens.
Si ces conditions sont
réunies – combien il est difficile de les réunir ! – il est permis au
musulman de résider dans les pays des mécréants. Autrement, il lui est interdit
sur la base des textes clairs qui prohibent la résidence dans ces pays et
font obligation au musulman de les quitter. Ces textes sont bien connus. Le
séjour permanent comporte un énorme risque pour la foi et la moralité que
ne conteste que celui qui nie l’évidence.
Deuxièmement, l’existence
d’un besoin légitime de prendre la nationalité. Ceci suppose que les intérêts
pour lesquels le musulman séjourne dans le pays des mécréants ne puissent
être réalisés sans l’acquisition de la nationalité. Sans cela, la neutralisation
reste illégale parce qu’elle entraîne l’apparente loyauté à l’égard des mécréants
et la proclamation de principes auxquelles il n’est pas permis de croire ni
d’adhérer comme l’acceptation de la mécréance ou l’adoption de la loi positive.
En outre, l’acquisition de la nationalité constitue un prétexte pour se fixer
définitivement en pays mécréant. Ce qui n’est pas permis.
Si les conditions requises
sont réunies, j’espère qu’Allah pardonnera au musulman résident en pays mécréant
le choix grave pour lequel il a opté. C’est parce que soit-il est contraint
d’y rester – et la contrainte permet de faire ce qui est en principe appréhendé
– soit il y poursuit un intérêt qui l’emporte sur le préjudice craint). Allah
le sait mieux.
Cheikh Khalid al-Madjid, membre du personnel enseignant de la Faculté du Droit musulman de l’Université Islamique Imam Muhammad ibn Saoud.