Louanges à Allah
Si elle avorte avant que le fœtus ne prenne une forme qui
permette de distinguer la tête des autres organes, même schématiquement, le
saignement est un dégagement du sang vicié et n'est pas incompatible avec la
pratique de la prière et du jeûne. Si le fœtus a clairement pris la forme
normale, le saignement est identique à celui qui suit un accouchement. Le délai
le plus court qui permette à un fœtus de
se former correctement est de 82 jours, comme il a été expliqué dans la réponse
donnée aux questions
n° 37784 et
45564.
Cela étant, vous avez commis une erreur en cessant de
prier. Vous devez rattraper les prières
non effectuées selon l'avis de la majorité des ulémas. D'autres ulémas pensent
que le rattrapage ne s'impose pas dans le cas en question, l'intéressée ne
sachant pas qu'elle avait l'obligation de prier.
Cheikh al-islam, Ibn Taymiyya (Puisse Allah lui accorder
Sa miséricorde) a dit :« Cela étant, si quelqu'un abandonnait la propreté
rituelle requise parce qu' il n'a reçu aucun texte le concernant- comme par
exemple le cas de celui qui a consommé de la viande de chameau et n'a pas
renouvelé ses ablutions, et qui reçoit par la suite un texte qui lui apprend la nécessité dudit renouvellement, ou encore
celui qui prie dans un enclos réservé aux chameaux puis reçoit un texte relatif
à la question- doit il rattraper les prières du passé? Deux avis sont rapportés de l'imam Ahmad sur cette
question. Il en est de même du cas de celui qui a touché son sexe et prié avant
de savoir qu'il devait renouveler ses ablutions avant de prier. Ce qui est
juste dans tous ces cas, c'est qu'il n'est pas nécessaire de rattraper les
prières car Allah pardonne tout ce qui résulte de l'erreur et de l'oubli
puisqu'Il a dit : «Et Nous n'avons jamais puni (un peuple) avant de (lui) avoir
envoyé un Messager.» (Coran,17: 15)».
Celui qui n'a pas reçu l'ordre du Messager (bénédiction
et salut soient sur lui) à propos d'une affaire déterminée n'est pas tenu de
considérer l'affaire comme étant l'objet d'une obligation personnelle pour lui.
C'est pourquoi le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) n'a pas donné
à Ammar et à Omar, qui avaient contracté une souillure, et que l'un pria après
s'être enroulé dans le sable alors que l'autre s'abstint de prier, l'ordre de
rattraper la prière ainsi faite. Il n'a pas donné à Abou Dharr l'ordre de
rattraper les prières du passé bien qu'il restât des jours sans prier chaque
fois qu'il avait contracté une souillure. De même, il n'a pas donné aux
compagnons qui avaient mangé après l'entrée du jour (en Ramadan) l'ordre de
rattraper le jeûne du jour concerné. Il ne l'a pas fait non plus pour ceux qui
avaient continué de se diriger vers Jérusalem après l'abolition de cette
disposition.
Relève de ce chapitre le cas de la femme souffrant d'un
saignement pathologique et qui reste un
temps sans prier parce qu'elle croit qu'elle n'est pas tenue de le
faire. La nécessité pour elle de rattraper le jeûne fait l'objet de deux avis.
Selon le premier, elle n'est pas tenu de le faire. C'est ce qui a été rapporté
de l'imam Malick et d'autres parce qu'une femme se trouvant dans une telle situation
avait dit au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui): « J'ai souffert
d'un grave saignement menstruel qui m'a empêché de prier et de jeûner.»Le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) lui a dit ce qu'elle devait faire, mais
ne lui a pas demandé de rattraper les prières du passé.» Extrait de Madjmou'
al-Fatawa, 21/101.
Il vaut mieux rattraper les prières des jours écoulés en
les regroupant dans la mesure du possible: on prie cinq prières à la fois pour
le premier jour et cinq autres pour le deuxième et ainsi de suite jusqu'à ce
qu'on termine tout.
Allah le sait mieux.