Louanges à Allah
Avant de parler de cette
question, je voudrais expliquer qu’il n’est pas possible qu’il y ait une contradiction
entre un texte clair du Saint Coran et la réalité. S’il y a une apparente contradiction,
elle est due, soit à ce que ce qui est présenté comme réalité n’est qu’une allégation,
soit au fait que la prétendue opposition du Coran n’est pas claire. Car le texte
clair du Coran est catégorique comme l’est la réalité établie. Or deux vérités
catégoriquement établies ne peuvent pas se contredire.
Cela étant, on nous dit
qu’il est désormais possible grâce à l’usage d’appareils précis de découvrir
le contenu de l’utérus et de connaître le sexe du bébé conçu. Si cela est faux,
nous ne le commentons pas. À supposer qu’il soit vrai, il ne contredit
pas le verset. En effet, celui-ci évoque une affaire relevant du mystère et
faisant l’objet de la connaissance (exclusive) d’Allah dans ces cinq domaines.
Ce qui relève du mystère
divin concernant le fœtus est ceci : « le temps précis de sa présence
dans l’utérus, la durée de sa vie, l’œuvre qu’il accomplira, la subsistance
dont il jouira, le bonheur ou le malheur qui l’accompagneront et son sexe avant
sa formation. La connaissance de son sexe après sa formation ne fait pas partie
du mystère , cela relevant de ce qui peut être constaté, même s’il se cache
dans les méandres des trois ténèbres qui, dissipées, laissent apparaître sa
réalité. Et il n’est pas exclu qu’il y ait parmi les rayons créés par Allah
un qui soit capable de percer les ténèbres de sorte à révéler le sexe du fœtus.
Or le verset ne précise pas la connaissance du sexe, et la Sunna non plus n’en
parle pas précisément.
Quant à ce que l’auteur
de la question dit à propos de ce qu’Ibn Djarir a rapporté d’après Moudjahid,
à savoir qu’un homme avait interrogé le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) sur le bébé conçu par sa femme et que ce verset fut révélé par la suite.
Le contenu de cette citation d’Ibn Djarir est transmis par une chaîne de rapporteurs
interrompue. Car Moudjahid (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) appartient
à la génération qui suit les Compagnons.
Quant à l’explication
du verset donnée par Qatada (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) on peut
comprendre qu’il veut dire qu’Allah se réserve la connaissance des caractéristiques
du fœtus non encore formé et qu’une fois la formation achevée, d’autres peuvent
le connaître.
Ibn Kathir (Puisse Allah
lui accorder sa miséricorde) dit à propos du verset : « De même
nul ne peut connaître le contenu de l’utérus relatif à ce qu’Allah veut y créer..
Mais quand Allah émet l’ordre de déterminer son sexe et son destin, les anges
concernés en prennent connaissance en même temps que d’autres créatures qu’Allah
veut bien en informer. »
Quant à l’aspect de votre
question portant sur l’existence d’un texte de nature à restreindre la généralité
de la parole du Très Haut : (31 : 34) nous en disons ceci :
si le verset s’étend à la détermination du sexe après la formation du fœtus,
la restriction dont il doit faire l’objet provient de la réalité constatable.
En effet, pour les spécialistes de la jurisprudence musulmane, un texte clair,
le consensus, la réalité constatée et la raison sont des facteurs qui peuvent
restreindre la généralité des textes du Coran et de la Sunna. Leurs propos sur
cette question sont bien connus.
Si le verset ne s’étend
pas à l’évolution ultérieure à l’achèvement de la formation du fœtus, il ne
contient rien qui contredit ce qui est dit à propos de la possibilité de connaître
le sexe du fœtus.
Louanges à Allah. En effet,
il n’y a pas et il n’y aura pas dans la réalité quelque chose qui contredit
le texte clair du Coran. Si des ennemis de l’Islam remettent en cause des passages
du Coran qui apparaissent contraires à la science, c’est soit parce qu’ils n’ont
pas bien compris le Livre d’Allah le Très Haut, soit parce qu’ils sont mal intentionnés.
Toujours est-il que les ulémas religieux ont développé des recherches qui permettent
de connaître la vérité et de dissiper les ambiguïtés suscitées par les ennemis.
Seule Allah mérite qu’on
Lui rende grâce à Le loue.
Les attitudes adoptées
sur cette question comportent deux extrêmes et un juste milieu : un groupe
s’accroche au sens apparent, mais non catégorique du texte coranique et rejette
toute réalité contraire, même si celle-ci était constatée avec certitude. La
critique que cette attitude entraîne peut s’étendre au delà de la personne de
son auteur au saint Coran lui-même en raison de la flagrante opposition entre
l’interprétation et la réalité constatée.
Un autre groupe fait fi
des indications données par le saint Coran et se contente des preuves purement
matérielles, ce qui les fait rejoindre les athées.
Quant au groupe du juste
milieu,il accepte les indications du saint Coran et admet les réalités car il
sait que les indications et les réalités sont des expressions de la vérité et
qu’aucun texte coranique clair ne contredit une donnée visiblement établie.
Ce groupe concilie le rationnel et la Révélation et parvient à sauver la foi
et la raison. C’est ainsi qu’Allah guide les croyants vers la vérité au sujet
de laquelle les gens nourrissent des divergences. Allah guide qui Il veut vers
le chemin droit.
Puisse Allah nous assister
et assister nos frères croyants (à tenir le juste milieu) et faire de nous des
guides bien guidés, des dirigeants réformateurs. Seul Allah peut m’assister
et c’est en Lui que j’ai confiance et c’est vers Lui que je retourne.
Majdmou ‘Fatawa wa rassaïl par son éminence Cheikh Muhammad ibn Salih al-Uthaymine, tome 1 p. 68-70.