Louange à Allah
Louange à Allah et bénédiction et salut soient
sur le Messager d’Allah…
Cela dit, la Sunna ne
prévoit pas l’organisation d’une cérémonie à l’occasion de l’achèvement de la
mémorisation du Coran. Car rien n’a été rapporté à ce propos, ni du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) ni de l’un de ses compagnons. Si on le
considère comme un acte religieux, cela devient une innovation.
Mais les gens le considèrent comme une coutume
à travers laquelle ils expriment la joie que leur procure ce bienfait qui est
la mémorisation du Coran. C’est comme les cérémonies organisées au retour d’un
absent ou après l’obtention d’un logement ou une fonction… Il n’y a aucun mal
à célébrer l’achèvement de la mémorisation du Coran dans cette perspective.
Et il est bon d’y réciter des versets du Coran situés au début ou à la fin du
livre sans viser une sourate déterminée ou une modalité particulière comme la
récitation après la fin du livre de quelques versets du début…
La récitation du Coran demeure, en effet, la
meilleure manière d’animer les assemblées et de rappeler ceux qui y assistent.
S’agissant de l’invocation à faire à la fin
de la récitation complète du Coran, Anas (P.A.a), selon un hadith authentique,
réunissait sa famille et invoquait avec elle après l’achèvement du Coran.. Aussi
est-il bon que le lecteur invoque Allah à la fin de sa lecture et que les autres
disent : Amen.
Il n’y a aucun mal à appeler
la maîtresse cheykha… Vous voyez donc, ô auteur de la question – Puisse Allah
vous bénir – que rien ne s’oppose à la cérémonie que vous avez mentionnée et
que rien ne nécessite que l’on récite la fin du Coran et y ajoute des éléments
du début. Car il faut trouver un argument pour une telle pratique parce que
la lecture du Coran est un acte cultuel. Or tout acte de cette nature doit être
accompli de manière conforme à la pratique enseignée par le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) en vertu de la parole du Transcendant : «En effet,
vous avez dans le Messager d' Allah un excellent modèle (à suivre), pour quiconque
espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. » (Coran,
33 :21).
Ecrit par son éminence Cheikh Abd Rahman al-Barak.
Quant au hadith de « l’arrivant-partant »,
il a été rapporté par at-Tirmidhi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
d’après Ibn Abbas en ces termes : « un homme a dit :
– ô Messager d’Allah, quelle est l’action la
plus aimable à Allah ?
– « l’arrivant-partant »
– « qui est l’arrivant-partant ? »
–« Celui qui récite le Coran d’un bout
à l’autre et recommence chaque fois qu’il le termine »
Mais ce hadith est faible comme l’a
expliqué at-Tirmidhi lui-même (Puise Allah lui accorder Sa miséricorde) après
l’avoir cité. Car il a dit : «c’est un hadith étrange qui n’a été rapporté
que par cette voie d’après Ibn Abbas, et sa chaîne de rapporteurs n’est pas
solide ».
C’est pourquoi Ibn al-Qayyim (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) dit dans al-ilaam (tome 2 p. 289) après avoir
cité le hadith : « certains en ont compris que dès qu’on termine la
lecture du Coran on doit recommencer et lire la Fatiha et trois versets de la
sourate de la Vache parce que (en le faisant) on serait arrivé (en atteignant
la fin du Coran) et reparti (en recommençant la lecture au début du Coran).
Ceci n’a été fait par aucun des Compagnons ou de leurs successeurs immédiats,
et aucun des imams (guides) ne l’a recommandé.
L’expression « arrivant-partant »
employée dans le hadith renvoie à l’état du combattant qui, chaque fois qu’il
rentre d’une expédition repart tout de suite pour une autre ou l’état d’un homme
qui, chaque fois qu’il achève une action en initie une autre pour bien compléter
la première… Quant à ce que font certains lecteurs (du Coran) il n’est certainement
pas conforme au sens du hadith ».
Allah est le garant de l’assistance.