Louange à Allah
Cette question a été adressée
à son éminence Cheikh Abd al-Aziz ibn Baz et il y a répondu
en ces termes : « Il n’est pas permis au musulman de toucher au
Coran quand il n’a pas fait ses ablutions. C’est l’avis de la majorité des
ulémas notamment les quatre imams (Puisse Allah les agréer). C’est aussi l’opinion
qu’exprimaient les Compagnons du Prophète. Elle est corroborée par un hadith
passablement authentique. Il est rapporté par Amr ibn Hazm
selon lequel le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) avait écrit
aux habitants du Yémen ceci : « Seule une personne propre peut toucher
le Coran ». C’est un bon hadith rapporté à travers des voies qui se consolident
mutuellement. Ceci permet de savoir qu’il n’est permis de toucher le Coran
qu’à quelqu’un qui est débarrassé des souillures mineures et majeures. Il
en est de même du transport du Coran par une personne qui n’est pas propre.
Mais il n’y a aucun mal à le toucher ou le transporter indirectement comme
si on l’enveloppe de quelque chose, ce qui est interdit c’est le toucher directement
alors qu’on n’est pas propre. Cela n’est pas permis selon l’avis juste soutenu
par la majorité des ulémas sur la base de ce qui a été dit plus haut. Cependant
il n’y a aucun inconvénient à ce que l’on récite le Coran de mémoire, même
quand on n’est pas propre. Dans ce cas-là, le Coran peut être tenu par une
personne propre pour corriger la récitation de l’autre, le cas échéant. Il
demeure vrai que la personne qui traîne une souillure majeure consécutive
à l’acte intime n’est pas autorisée à réciter le Coran parce qu’il a été rapporté
de façon sûre que seule cette souillure empêchait le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) de réciter le Coran. L’imam Ahmad a rapporté grâce
à une chaîne solide d’après Ali (P.A.A) que le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) était allé aux selles puis avait récité une partie du Coran
et dit : « Ceci est permis à celui qui ne traîne pas une souillure
majeure. Celui qui se trouve dans cet état n’a pas à le faire, même pas pour
un seul verset ».
Il s’agit d’expliquer que celui
qui traîne une souillure majeure ne peut lire le Coran ni le réciter de mémoire
avant d’avoir pris un bain rituel. Quant à celui qui traîne une souillure
mineure, il peut réciter le Coran de mémoire, mais ne doit pas le toucher.
Fatawa Cheikh ibn Baz (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) 10/150.
Quant au hadith qui évoque
la pureté du croyant, Abou Hourayra en dit :
« Le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) m’a rencontré
alors que j’étais en état de souillure majeure et il m’a saisi la main et
j’ai marché avec lui jusqu’à ce qu’il se soit assis. Je me suis dérobé pour
aller à la maison où j’ai pris un bain rituel avant de revenir m’asseoir.
il m’a dit à ce moment :
– où étais-tu, ô Abou
Hirr ?
– je le lui ai dit.
Puis il dit :
– ô Abou Hirr ! Gloire à Allah ! Le croyant ne peut pas être
impur. » (rapporté par al-Boukhari, al-ghousl, 276 et
Mouslim (al-haydh, 556).
Dans son commentaire du Sahih de Mouslim, an-Nawawi dit : « ce
hadith renferme un important principe qui est que le musulman est pur, vivant
ou mort… Et puis, il dit : si sa pureté est établie, sa sueur, sa salive,
ses larmes sont propres, qu’il soit en état de souillure mineure ou majeure
ou qu’il s’agisse d’une femme dans son cycle menstruel ou accouchée. Quand
on sait cela on comprend la signification de sa pureté. La pureté de son corps
n’empêche pas qu’il soit en même temps affecté par une souillure. Celle-ci
est une situation physique qui empêche l’intéressé de pouvoir accomplir la
prière ou d’autres pratiques rituelles qui supposent que leur auteur soit
en état de propreté rituelle.
Allah le sait mieux.