Louanges à Allah
Nous avons expliqué en détails ce qui va dans le sens de
ce que vous avez entendu (à la radio) à savoir qu'il n'est pas permis au
musulman d'épouser une femme coupable d'adultère comme il n'est pas permis à
une musulmane d'épouser un homme coupable d'adultère avant que les deux
personnes se soient repenties et que la femme coupable d'adultère voie ses
règles avant le mariage?
Pour connaître les détails, il faut se référer aux réponses données aux questions n°
87894 et
50508 et
85335. Ce que nous
voulons vérifier au près des deux parties porte
sur deux importantes questions auxquelles elles doivent répondre. La
première est : ont-elles commis effectivement l'adultère? Nous entendons par là
l'introduction du sexe masculin dans celui de la femme et non une simple
caresse ou une autre manière d' assouvir le besoin
(sexuel) , même si cela est suivi de l'éjaculation. La seconde question est :
se sont elles repenties avant l'établissement du mariage? À la lumière de leurs réponses à nos questions, nous
pourrons répondre à la présente question.
S'il y'avait eu l'adultère non suivie du repentir, les
propos du cheikh que vous avez entendu à la radio s'appliquent. Les réponses
auxquelles nous leur avons demandés de se référer abondent dans le même sens.
S'il y avait eu adultère et si les intéressés avait regretté leurs actes, leur mariage reste valide. Pas
besoin d'éprouver des doutes. S'il n'y avait pas eu de rapports sexuels
illicites, s'il n' y a avait que caresses et attouchements sans contact sexuel,
les intéressés ne peuvent pas être considérés comme ayant commis l'adultère,
même s'il y avait eu éjaculation. Ces actes constituent de grands péchés.
Cependant on ne les qualifie d'adultère que s'ils sont accompagnés de
l'introduction du sexe masculin dans celui de la femme. Cela étant:
1. L'absence de
l'adultère ou sa présence suivie du repentir ne nécessitent
rien. Le mariage se maintient. Que les intéressés multiplient les bonnes
œuvres.
2. S'il y avait eu
l'adultère et si la femme n'avait pas vu ses règles avant le mariage, elle se
serait mariée sans avoir pris la précaution légale prévue, ce qui nécessite la
dissolution du mariage. Cheikh Muhammad ibn Ibrahim (Puisse Allah lui accorder
sa miséricorde) a dit: « Il n'est permis d'épouser une femme coupable
d'adultère avant son repentir. Si un homme veut l'épouser ,
il doit la laisser jusqu'à ce qu'elle voie ses règles avant d'établir le
mariage. Si on constate qu'elle est enceinte, il ne lui est permis d'établir le
mariage après l'accouchement.» Al-Fatawa al-djamia lil mar'atil
mouslima (2/584). Une fatwa pareille fut publiée
par les ulémas de la Commission Permanente dans le cadre de leurs fatwa
(18/383,384).
3. S'il y a eu
adultère entre les intéressés et s'il ne se sont pas
repentis, ils doivent dissoudre le mariage et laisser la femme jusqu'à ce
qu'elle voie ses règles. Puis ils renouvellent l'établissement du mariage et
versent une nouvelle dot. Nous avons dit dans la dernière des réponses aux
quelles nous vous demandons de vous référer: «Celui qui a subi cette épreuve et
a établi le mariage avant de se repentir doit se repentir devant Allah Très
Haut et regretter son acte et se résoudre à ne plus commettre ce péché. Puis il
établit le mariage une nouvelle fois.»
4. Si vous avez eu
des enfants de ce mariage, leur filiation est établie envers leur père puisque
ce qui s'est passé est un contrat de mariage douteux dans la mesure où l'homme
ne savait pas qu'il état interdit d'établir un contrat de mariage avec une
femme avec la quelle on a eu des rapports sexuels illicites avant de s'en
repentir. Ceci est différent du cas d'un enfant né de relations purement adultérines, la filiation d'un tel
enfant n'étant établie qu'envers sa mère.
Les ulémas d la Commission Permanente ont dit: « Ce qui
est juste parmi les avis des ulémas, c'est que la filiation de l'enfant n'est
pas établie au profit de l'auteur de l'adultère, sauf si l'acte sexuel vient
après un mariage valide ou caduc ou douteux ou si le rapport sexuel a été
entretenu avec l'esclave de l'homme ou une femme susceptible d'être assimilée à
son esclave. Dans ces cas, la filiation est établie au profit de l'auteur de
l'acte considéré comme adultérin. Dans ce cas , chacun de l'enfant et de son auteur héritent
de l'autre. Si l'acte sexuel est effectivement un adultère, la filiation de
l'enfant qui en nait n'est pas établie au profit de
l'auteur de l'adultère. Par conséquent, l'enfant n'hérite pas de lui.»
Cheikh Abdou Aziz ibn Baz,Cheikh Abdourrazzaq Afifi,Cheikh Abdoullah Ghoudayyan et Cheikh Abdullah ibn Quaoud.
Fatwa de la Commission Permanente (20/387).
À y regarder de près, on sent que les choses ne sont pas
claires pour l'auteur de la question. On ne sait pas s'il y avait eu adultère
ou pas. On ne sait pas non plus si les intéressés s'étaient repentis ou pas. On
ne sais pas encore si, après les rapports illicites
supposés ou réels, la femme avait vu ses règles. Or tous ces aspects peuvent
avoir influencer la réponse. Voilà
pourquoi nous avons cité tous les aspects. Combien il serait bon que
l'intéressé interroge directement un uléma et lui donne d'autres explications
et éclaircissements.
Cependant, les propos de l'auteur de la question:« C'est
qui est sûr , c'est que la consommation complète du
mariage n'a eu lieu qu'après le mariage» peuvent
signifier qu'ils ne sont pas sûrs d'avoir commis l'adultère en raison de
l'absence d'indices la signalant.» S'il est vrai, comme il le dit, que l'adultère
n'a pas eu lieu vraiment et que les rapports sexuels n'ont commencé qu'après le
mariage, la réponse est alors claire dans ce que nous avons dit, à savoir que
ce qui s'est passé n'a aucune incidence sur la validité du contrat et celui-ci
n'a besoin ni d'être dissout ni d'être renouvelé. Dès lors, il n' y a aucune
raison d'être troublé à cause de ce mariage. Il faut cependant que les
intéressés craignent Allah Très Haut pendant le reste de leur vie et s'évertuer
à accomplir de bonne œuvres. Peut être Allah agréera leur repentir et changera
leur mauvaises actions en bonne actions. Il est pardonneur
et miséricordieux.
Allah le sait mieux.